Préparation magistrale · Le pas-à-pas d’Aisha

La traçabilité

Ordonnancier, fiche de fabrication, dossier de préparation
Aisha, préparatrice te déroule le geste, étape par étape. La validation et la libération restent signées par le pharmacien.
Aisha inscrit une préparation à la main dans le registre de l'ordonnancier au comptoir. Image générée par IA
Difficulté du geste 1 / 4 — l’écrit qui protège le patient, le préparateur et le pharmacien

Le contexte

Une préparation qui n’est pas tracée n’est pas finie. La trace, c’est ce qui permet de savoir, des mois plus tard, ce qu’on a fait, avec quoi, pour qui : indispensable en cas de rappel de lot, de question du patient ou de contrôle.

Cette fiche déroule les trois écrits de la préparation : l’ordonnancier (l’enregistrement légal), la fiche de fabrication (comment on l’a réalisée) et le dossier de préparation (l’analyse en amont).

Avant de commencer

  • Le principe : toute réalisation ou délivrance d’une préparation magistrale ou officinale fait l’objet d’une transcription immédiate.
  • Le texte de référence : l’article R.5125-45 du Code de la santé publique fixe le contenu de la transcription à l’ordonnancier.
  • La logique des BPP 2023 : un dossier de préparation formalise l’analyse de risque et les calculs en amont, la fiche de fabrication consigne l’exécution.
  • La règle d’or : on trace au moment où on fait, pas de mémoire à la fin de la journée.
Réflexe sécurité

La trace se fait dans l’instant, pas plus tard. Une pesée notée « de mémoire » en fin de service n’est plus une trace fiable. En cas de rappel de lot ou de doute, seul l’écrit fait au moment du geste protège réellement le patient et l’équipe.

Le pas-à-pas

  1. Ouvrir le dossier de préparation

    Avant de préparer, on formalise l’analyse : faisabilité, calculs, choix de la forme et des matières, points de contrôle prévus. C’est la démarche d’analyse de risque a priori voulue par les BPP 2023.

    Point de contrôle : faisabilité et calculs posés et relus avant le premier geste.
    L’œil d’Aisha

    « Le dossier de préparation, c’est réfléchir avant de peser. On y écrit ce qu’on va faire et pourquoi. Ça évite de découvrir un problème le mortier déjà en main. »

  2. Renseigner la fiche de fabrication

    Pendant la réalisation, on consigne les matières employées (avec leurs numéros de lot), les pesées réelles, les étapes et les résultats des contrôles.

    Point de contrôle : matières, lots, pesées réelles et contrôles consignés au fil du geste.
    L’œil d’Aisha

    « La pesée réelle, pas la théorique. La balance a affiché 15,4 g au lieu de 15,0 : c’est 15,4 qu’on note. La fiche dit ce qui s’est passé, pas ce qu’on espérait. »

  3. Consigner la libération pharmaceutique

    Le pharmacien, au vu du dossier et des contrôles, décide d’accepter ou de refuser la préparation. Cette décision de libération se consigne au dossier de lot (date, nom, signature) : c’est elle qui autorise la délivrance.

    Point de contrôle : décision de libération (acceptation ou refus) datée, nommée et signée au dossier de lot.
  4. Transcrire à l’ordonnancier

    On enregistre la préparation à l’ordonnancier : numéro d’ordre chronologique, date, nom et adresse du prescripteur, nom et adresse du patient. C’est l’obligation de l’article R.5125-45 CSP.

    Point de contrôle : numéro d’ordre, date, prescripteur et patient enregistrés.
  5. Faire le lien avec l’étiquette

    Le numéro d’enregistrement à l’ordonnancier se retrouve sur l’étiquette : c’est ce qui relie le flacon remis au patient à toute sa traçabilité.

    Point de contrôle : numéro d’enregistrement reporté sur l’étiquette.
La validation du pharmacien

Le pharmacien contrôle la cohérence du dossier et engage la libération : la trace fait partie de ce qu’il vérifie avant délivrance.

Le préparateur trace au fil du geste, sous son contrôle. Sur le plan pharmaceutique, la libération finale ne se délègue pas.

Le point qui sauve

Le jour où un lot de matière première est rappelé, c’est la traçabilité qui permet de retrouver, en quelques minutes, quelles préparations et quels patients sont concernés. Une trace faite dans l’instant transforme une alerte en action ciblée ; une trace approximative la transforme en cauchemar.

Le réflexe : penser avant (dossier), écrire pendant (fiche de fabrication), enregistrer aussitôt (ordonnancier).

Teste-toi

Question 1 / 3
Quand transcrire une préparation à l’ordonnancier ?
Immédiatement, au moment de la réalisation ou de la délivrance : l’article R.5125-45 du CSP impose une transcription immédiate (numéro d’ordre chronologique, date, prescripteur, patient). On ne remet pas la trace à la fin de la journée : de mémoire, elle perd sa fiabilité, et c’est justement en cas de rappel ou de doute qu’on en a besoin exacte.

Mémo

Pour retenir

Trois écrits, une règle : penser avant (dossier de préparation), écrire pendant (fiche de fabrication, pesées réelles), enregistrer aussitôt (ordonnancier, R.5125-45). La trace se fait au moment du geste, jamais de mémoire.

Références

Lire les BPP 2023 (nouvel onglet)
Pas-à-pas d’Aisha · contrôle pharmaceutique Inès / Thomas · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier les bonnes pratiques de préparation en vigueur et la fiche de fabrication de l’officine.

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