La trousse de pharmacie de voyage

« Une famille part au soleil dans dix jours, ils me demandent quoi mettre dans la trousse. Et la maman a un traitement de fond. Par où je commence ? »Sam, préparateur · un début juillet

Une trousse de voyage bien pensée tient en trois cercles : les petits maux, la protection, et surtout le traitement de fond bien préparé. Le reste dépend de la destination. Voici le mémo du comptoir, en gardant un réflexe : pour un pays à risque, on oriente vers le médecin ou un centre de vaccinations, suffisamment tôt.

Le socle de la trousse

  • Antalgique et antipyrétique (paracétamol), adapté au poids pour les enfants.
  • Solution de réhydratation orale (la déshydratation est le vrai risque de la tourista, la réhydratation prime) ; antidiarrhéique (lopéramide) seulement après évaluation, sur une durée courte (pas plus de 2 jours sans avis médical), à éviter en cas de fièvre, de sang dans les selles ou avant 12 ans, en vérifiant l’âge minimal de la spécialité délivrée.
  • Antinauséeux ou anti-mal des transports selon le voyage.
  • Antiseptique cutané, pansements, compresses, gel hydro-alcoolique, thermomètre.
  • Protection solaire IP 50+ et répulsif anti-moustiques adapté à la zone, à l’âge et à une éventuelle grossesse.

Le traitement de fond, le vrai sujet

  • Quantité suffisante pour tout le séjour, avec une marge en cas de retour décalé. Rappel officinal : la délivrance en une fois reste en principe limitée à 4 semaines ou 30 jours ; pour un séjour à l’étranger de plus d’un mois, on anticipe la procédure dérogatoire (ordonnance portant la mention du médecin pour une délivrance en une fois, attestation sur l’honneur du patient, jusqu’à 6 mois selon les règles propres à chaque médicament).
  • Ordonnance rédigée en DCI (les noms de marque changent d’un pays à l’autre), en conservant l’original (idéalement traduit en anglais) et une copie dans un autre bagage. Pour les médicaments contrôlés (certains opioïdes, méthylphénidate…), vérifier avant le départ les formalités d’attestation de transport : auprès de l’ARS pour un pays de l’espace Schengen, de l’ANSM hors Schengen si le pays l’exige (demande au moins 10 jours avant le départ), plus la réglementation du pays d’arrivée. Ces attestations couvrent au plus la durée de prescription (28 jours pour les stupéfiants) : au-delà, on organise la suite du traitement sur place.
  • En bagage cabine, dans l’emballage d’origine avec l’étiquette : on garde l’accès et on évite les températures extrêmes de la soute.

Selon la destination

  • Paludisme : protection anti-moustiques (répulsif, moustiquaire), et chimioprophylaxie sur prescription, adaptée au pays et au patient. On oriente tôt vers le médecin ou un centre de vaccinations internationales.
  • Vaccins : vérifier le calendrier et les vaccins recommandés ou exigés selon le pays.
  • Eau et aliments : eau en bouteille capsulée (ouverte devant soi) ou rendue potable, éviter le cru et les glaçons dans les zones à risque.

Et un message de retour : une fièvre, même légère, pendant le séjour ou au retour (jusqu’à 3 mois) d’une zone tropicale ou impaludée impose une consultation sans attendre, même sous chimioprophylaxie.

Chaleur et décalage horaire

  • Conservation : protéger de la chaleur (pochette isotherme), jamais dans la voiture. Pour l’insuline et les médicaments thermosensibles, pochette isotherme adaptée, sans contact direct avec un élément congelé.
  • Décalage horaire : pour la pilule ou l’insuline, on anticipe l’adaptation des horaires avec le médecin, et on prévoit des plaquettes d’avance.

Le récap au comptoir

Catégorie À prévoir
Petits maux Paracétamol, réhydratation orale (antidiarrhéique avec prudence), antinauséeux, antiseptique et pansements.
Protection Crème solaire, répulsif anti-moustiques, gel hydro-alcoolique, thermomètre.
Traitement de fond Quantité suffisante plus marge, ordonnance en DCI, en bagage cabine.
Selon la destination Vaccins, prévention du paludisme (sur prescription), avis d’un centre de vaccinations internationales.

La trousse ne remplace pas une consultation : pour une destination à risque, on oriente tôt vers le médecin.

Les questions qui reviennent

Pourquoi l’ordonnance en DCI ?

Parce que les noms de marque changent d’un pays à l’autre. La DCI est universelle et facilite un rachat ou un contrôle à la frontière.

En soute ou en cabine ?

En cabine : on garde l’accès, on évite les pertes et les températures extrêmes de la soute. C’est valable surtout pour l’insuline et les injectables.

L’antipaludique, je le délivre ?

La chimioprophylaxie est sur prescription, adaptée au pays et au patient. On oriente vers le médecin ou un centre de vaccinations internationales, suffisamment tôt.

Et le décalage horaire pour la pilule ou l’insuline ?

On anticipe avec le médecin l’adaptation des horaires de prise. Pour la pilule, des plaquettes d’avance et le bagage cabine.

La juste doserelu et validé par Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie

Une bonne trousse de voyage, c’est trois cercles : les petits maux (paracétamol, réhydratation, désinfectant), la protection (soleil, moustiques), et surtout le traitement de fond en quantité suffisante, ordonnance en DCI, en cabine. Et un réflexe : pour une destination à risque, on oriente tôt vers le médecin ou un centre de vaccinations.

Thomas, Inès et Sam sont des personnages pédagogiques fictifs qui font vivre les situations de comptoir.

Repères pour professionnels : pour toute destination à risque, orienter vers le médecin ou un centre de vaccinations internationales.

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