Métopimazine

Antiémétique antidopaminergique (phénothiazine) · Voie orale
Boîte illustrative de Métopimazine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Antiémétique antidopaminergique de la famille des phénothiazines, indiqué dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements, notamment ceux induits par certains traitements (chimiothérapie, radiothérapie). C’est un bloqueur des récepteurs dopaminergiques D2 de la zone gâchette, comme la dompéridone ou le métoclopramide. Son passage dans le cerveau est limité, ce qui atténue ses effets centraux par rapport aux phénothiazines neuroleptiques, mais il n’est pas nul : sédation et effets extrapyramidaux restent possibles. Disponible en comprimés, lyophilisat oral et solution buvable, avec une forme de conseil à faible dosage en accès direct. À retenir : on traite le symptôme, jamais une cause qu’on n’a pas cherchée.

Posologie

  • Adulte : le plus souvent de l’ordre de 15 à 30 mg/jour par voie orale, répartis en plusieurs prises, sans dépasser la posologie de la notice du produit délivré.
  • Enfant : réservé à l’enfant selon l’âge et le poids, en se référant strictement au RCP et à la forme délivrée (la solution buvable se dose en fonction du poids).
  • Insuffisance rénale ou hépatique : prudence et adaptation possible ; vérifier le RCP avant de conseiller une posologie.
  • Modalités de prise : de préférence avant les repas. Le lyophilisat se laisse fondre sur la langue, sans eau ; la solution buvable se mesure avec le dispositif fourni.
Réflexe sécurité

Deux réflexes. D’abord les contre-indications liées au profil anticholinergique de la molécule, à éliminer avant toute délivrance : glaucome à angle fermé et troubles urétro-prostatiques avec risque de rétention urinaire. Ensuite, comme tous les antidopaminergiques, la métopimazine peut entraîner des effets extrapyramidaux (dyskinésies, mouvements anormaux du visage, du cou, contractures), surtout chez l’enfant, l’adolescent et le sujet âgé, et en cas de surdosage : devant ces signes, on arrête et on oriente. Enfin, un vomissement qui ne cède pas, qui s’accompagne de fièvre, de céphalées violentes, de douleur abdominale ou de sang n’est pas une affaire d’antiémétique : il faut un avis médical.

Interactions

  • Alcool : majoration de la sédation, à déconseiller pendant le traitement.
  • Autres dépresseurs du système nerveux central (anxiolytiques, hypnotiques, opioïdes, certains antihistaminiques sédatifs) : effet sédatif additionné.
  • Médicaments allongeant l’intervalle QT et torsadogènes : association à risque ; comme la métopimazine est elle-même torsadogène, le cumul de deux médicaments allongeant le QT est en principe à proscrire. Vérifier le dossier et le RCP.
  • Agonistes dopaminergiques antiparkinsoniens (lévodopa, cabergoline, quinagolide, etc.) : antagonisme réciproque ; l’antidopaminergique contrarie le traitement. L’association à la cabergoline et au quinagolide est contre-indiquée.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire et après avis médical ; pour des nausées de grossesse, d’autres options sont privilégiées en première intention. Se reporter au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Allaitement : données limitées, déconseillé par prudence ; orienter vers le médecin si une patiente allaitante en a besoin.

Conseils de comptoir

  • Avant de conseiller, éliminer un glaucome à angle fermé et des troubles de la prostate ou de la vessie : ce sont des contre-indications liées à l’effet anticholinergique de la molécule.
  • Prévenir de la somnolence possible : prudence au volant et sur machines, surtout en début de traitement.
  • Traitement court et symptomatique : si les nausées persistent au-delà de quelques jours ou s’aggravent, c’est une consultation, pas un renouvellement de comptoir.
  • Chercher le contexte : médicament récemment introduit, voyage, grossesse possible, gastro-entérite ? La réponse oriente le conseil.
  • Tolérance globalement correcte aux doses usuelles ; les effets extrapyramidaux et la sédation sont les points de vigilance à connaître et à expliquer. Rappeler de respecter la dose et de garder le médicament hors de portée des enfants : le surdosage expose surtout aux mouvements anormaux et à la somnolence.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une maman veut « quelque chose contre les vomissements » pour son fils de 8 ans qui vomit depuis ce matin avec un peu de fièvre. Elle a vu de la métopimazine dans son armoire. Tu réagis comment ?
On ne dépanne pas un enfant qui vomit avec fièvre sans évaluation. Les antidopaminergiques exposent l'enfant aux effets extrapyramidaux, et la priorité dans une gastro-entérite, c'est d'abord la réhydratation orale par petites quantités fréquentes. On explique, on oriente vers le médecin si les vomissements sont répétés, empêchent de boire, ou s'accompagnent de signes de gravité (somnolence inhabituelle, douleur abdominale, refus de boire).

Mémo

Pour retenir

La métopimazine est une phénothiazine antiémétique qui bloque la zone gâchette en ne passant que peu (mais pas zéro) la barrière cérébrale : moins centrale que les neuroleptiques, plus centrale que la dompéridone. Trois mots à garder en tête : anticholinergique (glaucome à angle fermé, rétention urinaire : on vérifie avant), extrapyramidal (surtout enfant, ado, sujet âgé) et sédation. Et la règle d’or : un vomissement, on cherche sa cause avant de le faire taire.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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