Métoclopramide

Antiémétique antidopaminergique (benzamide) · Liste I · Voie orale ou injectable
Boîte illustrative de Métoclopramide, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Antiémétique d’action centrale et périphérique, utilisé sur de courtes périodes dans les nausées et vomissements, notamment ceux liés aux chimiothérapies, à la radiothérapie ou en post-opératoire, et dans certaines migraines. Il accélère aussi la vidange gastrique (effet prokinétique). Depuis le réexamen européen de 2013, ses conditions d’emploi sont nettement resserrées : durée courte, dose limitée, indications restreintes, pour réduire le risque neurologique.

Posologie

  • Adulte : usuellement 10 mg par prise, jusqu’à 3 fois par jour, sans dépasser la dose maximale du RCP rapportée au poids (de l’ordre de 0,5 mg/kg/jour).
  • Durée : traitement le plus court possible, 5 jours maximum en règle générale (réévaluer au-delà).
  • Enfant et adolescent : réservé à l’enfant de plus de 1 an, en deuxième intention, dose strictement rapportée au poids et durée brève (se référer au RCP). Contre-indiqué avant 1 an.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : réduction de dose nécessaire (élimination diminuée, accumulation possible).
  • Prise de préférence avant les repas ; respecter l’intervalle prévu entre deux prises, sans les rapprocher.
Réflexe sécurité

Risque de troubles neurologiques extrapyramidaux : dyskinésies aiguës (contractures du visage, du cou, de la langue, crises oculogyres), akathisie, et dyskinésies tardives sur usage prolongé. D’où la règle d’or depuis 2013 : dose la plus faible, durée la plus courte (5 jours maximum), jamais en traitement de fond. Plus à risque chez l’enfant, l’adolescent et le sujet jeune.

Interactions

  • Neuroleptiques et autres antidopaminergiques : addition du risque d’effets extrapyramidaux, à éviter en association.
  • Lévodopa et agonistes dopaminergiques : antagonisme réciproque, association contre-indiquée (Thésaurus ANSM) ; le métoclopramide bloque l’effet du traitement antiparkinsonien, et la maladie de Parkinson est elle-même une contre-indication.
  • Médicaments allongeant l’intervalle QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques) : le métoclopramide peut lui-même allonger le QT ; en association, majoration du risque de troubles du rythme, prudence.
  • Alcool et dépresseurs du système nerveux central : potentialisation de la sédation.
  • Anticholinergiques et morphiniques : ils s’opposent à l’effet prokinétique sur la vidange gastrique (l’association métoclopramide-opioïde reste néanmoins courante contre les nausées des opioïdes, sur prescription).

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : peut être utilisé si besoin, c’est l’antiémétique antidopaminergique le mieux documenté pendant la grossesse ; l’emploi reste ponctuel et sur prescription, en respectant durée courte et dose minimale.
  • Allaitement : passage dans le lait ; par prudence, l’usage prolongé est déconseillé. En pratique, une utilisation brève peut être envisagée au cas par cas, sur avis médical, en surveillant le nourrisson.

Conseils de comptoir

  • Rappeler la règle des 5 jours : si les nausées persistent au-delà, on ne reconduit pas seul, on réoriente vers le médecin.
  • Prévenir des signes à ne pas négliger : mouvements anormaux du visage, du cou ou des yeux, raideur, agitation intérieure (akathisie) ; en cas de réaction de ce type, arrêt et avis rapide.
  • Somnolence fréquente : prudence au volant et avec les machines, surtout en début de traitement.
  • Ne pas doubler la dose ni rapprocher les prises si un vomissement survient juste après la prise ; respecter l’intervalle prévu.
  • Public à risque accru d’effets neurologiques : enfant, adolescent, sujet âgé ; chez la personne âgée, vigilance particulière sur la confusion et les chutes. Attention aussi aux contre-indications à repérer sur l’ordonnance (Parkinson, antécédent de dyskinésie, épilepsie, atteinte digestive type hémorragie ou occlusion).

Teste-toi

Question 1 / 3
Une maman demande du métoclopramide pour son fils de 8 ans qui a vomi deux fois ce matin. Tu réagis comment ?
On reste prudent : chez l'enfant et l'adolescent, le métoclopramide n'est pas un premier réflexe, il expose davantage aux dyskinésies aiguës et relève d'une prescription en deuxième intention, dose rapportée au poids et durée brève. Devant des vomissements simples, on privilégie d'abord la réhydratation orale par petites quantités et on oriente vers le médecin si ça persiste, si l'enfant est très jeune ou s'il y a des signes de gravité. Pas de délivrance de métoclopramide hors cadre prescrit.

Mémo

Pour retenir

Le métoclopramide, c’est court et léger : dose minimale, 5 jours grand maximum. La rançon de son passage dans le cerveau, ce sont les effets extrapyramidaux (dyskinésies, akathisie). Devant un mouvement anormal du visage ou du cou, on pense d’abord à lui.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
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